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Les futures technologies de la dermatologie

Les progrès scientifiques réalisés ces dernières années sont riches de promesses pour le domaine dermatologique. L’occasion de faire un tour d’horizon sur ces nouveaux modes de traitements et leurs enjeux.

Les nanoparticules, l’imprimerie 3D, les algorithmes intelligents ou encore les consultations digitales s’imposent peu à peu comme des solutions d’avenir pour révolutionner la pratique de la dermatologie. Voici les nouvelles technologies qui devraient, sauf imprévus de grande ampleur, façonner les diagnostics et les traitements dermatologiques de demain.

Télémédecine : une solution à double tranchant

L’essor des téléconsultations fait l’objet de nombreux débats sur leur fiabilité. D’un côté, elles présentent des opportunités certaines pour diminuer le temps d’attente des patients et faciliter l’organisation temporelle des médecins. De plus, elles permettent d’éviter des visites présentielles inutiles tout en facilitant l’accès aux soins dans les territoires où l’offre médicale est limitée. Quant aux coûts médicaux engendrés, les études portant sur le sujet, à l’exemple de récents travaux universitaires américains de ce début d’année, démontrent la possibilité de leur abaissement.

Cependant, plusieurs risques inhérents à la technologie impliquée sont à relever. En premier lieu, l’enjeu de la protection des données personnelles des patients sera d’autant plus sensible que ces derniers devront livrer directement leur état de santé à de nouvelles applications. Il faut aussi mentionner la probabilité non négligeable d’une communication détériorée entre le patient et le médecin, soit en raison d’une mauvaise qualité d’image, soit à cause des interactions verbales ou des dialogues peu développées qu’induisent parfois les échanges non présentiels, les deux cas de figure pouvant mener à des diagnostics erronés. Ajoutons enfin la question des modes de remboursements qui devront s’adapter à cette nouvelle pratique.

En définitive, toute organisation médicale souhaitant mettre en place un service de téléconsultation doit, au préalable, connaître l’opinion de sa patientèle sur ce dispositif ainsi que les moyens économiques et technologiques dont elle dispose. Également, il convient de ne pas passer outre les spécificités liées à chacun de des deux modes de téléconsultation (différé ou en direct) pour déterminer lequel convient le mieux pour chaque situation. En guise de conclusion, le dermatologue Robert Stavert, issu de l’université de Yale, résumait ainsi la situation lors d’une conférence donnée à l’AAD (American Academy of Dermatology) cet été : "les plateformes de télédermatologie peuvent fournir d’importants avantages pour les patients et les systèmes de santé, mais les services de télédermatologie ne sont pas tous égaux".

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Les nanoparticules : une nouvelle thérapie "miracle" pour l’esthétique et l’oncologie ?

Les nanoparticules font actuellement leurs preuves dans deux domaines concernant la dermatologie. Le premier est la cosmétique, où on les retrouve désormais dans les écrans solaires et les produits anti-âge. Ces avancées devraient permettre, par des soins topiques, de délivrer avec précision des rétinoides, des antioxidants ou encore de la toxine botulique.
La lutte contre le cancer fonde, entre autres, des espoirs d’amélioration par les nanotechnologies. En effet, des expériences ont démontré que les nanoparticules d’or, une fois illuminées selon une longueur d’onde précise, permettaient de brûler avec un haut degré de précision les cellules cancéreuses. En dermatologie, ce nouveau type de traitement est particulièrement attendu pour lutter contre les mélanomes.

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Le recours aux capteurs pour prévenir les maladies

Le marché des capteurs étant en pleine croissance, on observe désormais l’émergence de nombreux appareils connectés qui seront d’une grande utilité pour la dermatologie. Principalement centrés sur la mesure de données de santé à l’heure actuelle, certains de ces capteurs étendront probablement leurs fonctionnalités en effectuant des diagnostiques. L’Oréal a incarné cette évolution lorsque l’entreprise a lancé en 2016 un capteur censé mesurer l’exposition aux rayons UV, permettant ensuite d’alerter l’utilisateur sur une menace de coup de soleil ou de cancer. L’extension du champ des compétences des capteurs pourrait même aller jusqu’au traitement des maladies, comme l’a montré une équipe de chercheurs indienne en 2012, lorsque celle-ci avait présenté au rendez-vous annuel de Société de Médecine Nucléaire un patch destiné à éradiquer les cellules cancéreuses. Les premiers résultats prometteurs de cette invention, recourant à un isotope radioactif du phosphore, laissent une note d’optimisme pour l’onco-dermatologie.

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Robotique : des machines au potentiel multitâche

La robotique a commencé à se distinguer dans divers domaines de la médecine, dont le plus notable est peut-être le diagnostique. A l’image de la machine Vectra VB360, il est désormais possible de réaliser des analyses complètes des lésions (à 360 degrés) de l’ensemble de la peau d’un patient. Outre cette première utilité, on peut aussi mentionner les opportunités à venir dans la thérapie laser visant à lutter contre le cancer. En effet, une étude menée l’année dernière démontre la supériorité des robots sur les humains dans la gestion de ce traitement.

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L’imprimerie 3D et le traitement des tissus endommagés

L’imprimerie 3D apparaît aujourd’hui comme une solution au problème de la pénurie d’organe, mais aussi à l’épineuse question des expériences réalisées sur les êtres vivants. Ainsi, des prototypes de peau humaine fonctionnelle ont déjà pu être synthétisés par plusieurs groupes de recherche universitaire, ce qui offre de nouvelles perspectives pour répondre à ces enjeux. L’imprimerie 3D n’est cependant l’unique solution avancée pour les dommages de la peau, puisque la recherche a développé d’autres innovations visant à accélérer le temps de régénération des tissus après blessure. L’utilisation de matrices extra-cellulaires spécifiques, ou encore l’élaboration de sprays spécialisés, améliorent considérablement le processus de régénération tant au niveau temporel que de l’étendue épidermique traitée.

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Intelligence artificielle : l’avènement d’un "robot-médecin" ?

L’accroissement exponentiel des connaissances médicinales et des données sur les patients a créé une surabondance d’informations qu’un médecin seul, aussi savant soit-il dans sa propre discipline, ne peut connaître entièrement. Une compilation de ces données, sans cesse mises à jour par la recherche, semble cruciale pour améliorer la prise en charge des patients. C’est dans cet objectif qu’IBM a créé le supercalculateur Watson qui, grâce au machine learning prenant appui sur le Big Data, est capable de diagnostiquer un très grand nombre de pathologies, même lorsqu’elles sont rares ou complexes. Dans la dermatologie, on peut relever l’exemple d’une expérience menée par l’IBM T.J. Watson Research, qui a déterminé que la machine était capable, à partir de sa "visualisation" d’images, d’identifier correctement des mélanomes dans 76 % des cas, un taux supérieur aux 70 % des dermatologues.

Deux écueils à relever cependant : un risque de fuite des données personnelles (en avril 2019, Watson avait déjà recueilli les données de plus de 300 millions de patients) et des résultats parfois faussés, notamment en raison de disparités de méthode entre pays, erreurs entraînant elles-mêmes des incertitudes en matière de responsabilité légale. Quoi qu’il en soit, cette invention est susceptible de bouleverser de nombreux champs de la médecine comme la dermatologie, l’oncologie, l’imagerie médicale, mais aussi la cardiologie, l’orthopédie et l’ophtalmologie. De tels outils, craints à long terme en tant que remplaçants potentiels des médecins pratiquant des diagnostiques (lire Homo Deus de Yuval Noah Harari), s’en tiennent aujourd’hui à un rôle d’aide à la décision.

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Vers une utilisation intelligente des médias sociaux ?

Facebook, Twitter, Linkedin et bien d’autres ont conquis un nombre suffisant d’utilisateurs pour envisager les médias sociaux comme des outils potentiels d’information et de savoir, à condition de les exploiter d’une manière appropriée. Webicina, un portail en ligne orientant ses utilisateurs vers des sites internets ou applications qualitatifs et adaptés à leur recherche, est un exemple d’outil conçu pour aider les professionnels de santé à trouver les meilleurs ressources numériques. Quant aux réseaux sociaux, ils semblent avoir un rôle à jouer dans la réalisation de campagnes d’information en santé, notamment dans le domaine de la prévention. L’année dernière, l’Académie Américaine de Dermatologie a lancé une "SPOT Skin Cancer campaign" encourageant les femmes à réaliser des dépistages contre le cancer. L’AAD a ainsi créé un hashtag #SpotSkinCancer incitant les internautes à partager des photos ou des vidéos visant à sensibiliser à l’importance de la détection anticipée des cancers de la peau.

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